Le parcours d’Antoine Laloux commence par un apprentissage itinérant.
Il se forme d’abord auprès de facteurs de flûtes en Irlande et en Belgique, au contact direct des ateliers, des traditions artisanales et des pratiques musicales vivantes.
Cette première immersion forge son rapport au geste et à la matière :
observer, reproduire, expérimenter, écouter le bois, comprendre l’instrument, fabriquer ses outils. Il fabrique alors ses premières flûtes en bois inspirées des modèles du XIXe siècle, explorant les équilibres entre tradition et adaptation contemporaine.
Il poursuit ensuite sa formation au centre de formation de Hervé Mercey, où il approfondit les savoirs techniques, l’acoustique, la précision mécanique et la rigueur de la facture instrumentale.
Parallèlement, il développe une activité de réparateur de flûtes, intervenant aussi bien sur des instruments anciens que modernes, en bois ou métal.
Son travail se situe aujourd’hui à la croisée de l’artisanat et de la création :
fabriquer, réparer, ajuster, c’est pour lui prolonger la vie sonore des instruments et accompagner le geste musical.
Mais en parallèle de cette lutherie sérieuse, normée et mesurée, Antoine Laloux cultive une autre pratique :
une lutherie sauvage. Une lutherie libre, instinctive, bricolée parfois, où l’instrument n’est plus un objet sacré mais un terrain de jeu.
Une manière de ramener la science du son à quelque chose de simple, direct, presque enfantin :
souffler, frapper, écouter vibrer la matière. Entre l’atelier précis et l’expérimentation brute, son travail cherche un équilibre :
faire dialoguer la tradition et l’élan spontané, la règle et le détour, la mesure et l’accident.
Pour lui, fabriquer et réparer ne sont pas seulement des gestes techniques.
Ce sont des façons d’habiter le son.









